L’Agglomération de Longueuil : un formidable outil pour la redistribution de la Richesse

4 décembre 2016 - Analyse de Maurice Giroux

En cette saison de budgets et de bilans municipaux, il devient impératif de poser un jugement sur la Xème controverse entre l’Agglomération de Longueuil et trois des quatre villes riches concernant la gouvernance politique de la Rive-Sud de Montréal.

Les payeurs de taxes assistent présentement à une guéguerre mettant en vedette trois maires qui contestent avec énergie le système actuel mis en place par le gouvernement du Québec il y a plusieurs années.

Ce système a été créé lors des fusions forcées du gouvernement Bouchard et par la suite déboulonné par la défusion opportuniste et électoraliste du gouvernement Charest.

Les trois maires dissidents des villes de Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert affichent un peu partout qu’ils sont injustement traités financièrement. Pour appuyer leurs dires ils se sont même rendus en grandes pompes à Québec pour manifester leur mécontentement devant l’Assemblée nationale et devant le ministre des affaires municipales Martin Coiteux. Mais ce dernier leur a répondu : Non Merci.

Ironiquement, le chef de la rébellion, le maire Paul Leduc, tient un discours carrément séparatiste, lui dont les allégeances seraient plutôt pro-libérales et fédéralistes.

Classes moyenne et richesses

Au delà de la polémique, il est fascinant de constater que les maires dissidents refusent catégoriquement de comprendre et d’accepter la mission fondamentale de l’Agglomération de Longueuil, qui est de redistribuer la richesse entre les différentes classes sociales de ce vaste territoire concerné.

Or ces classes sociales comportent plusieurs échelons, répartis dans les différents quartiers municipaux. A l’œil nu, on peut facilement constater que les villes de Brossard, de Boucherville, de Saint-Lambert et de Saint-Bruno sont majoritairement occupées par des personnes riches. Inversement, les villes de Saint-Hubert et de Longueuil sont majoritairement habitées par des classes moyennes.

Toutefois l’appellation classe moyenne a été depuis longtemps largement galvaudée et rendue obsolète, tant il est vrai que les riches deviennent plus riches et que les pauvres deviennent plus pauvres.

Des sociologues modernes, notamment anglophones, ont adopté une formule démontrant qu’il existe en fait deux catégories de classes moyennes, soit la upper middle class (supérieure) et la lower middle class. (inférieure).Cette dernière serait alors amalgamée à la classe moyenne pauvre, tandis que la classe moyenne supérieure serait voisine de la classe des riches.

Tout ceci pour dire que tous les payeurs de taxes de l’Agglomération sont soumis, qu’ils le veuillent ou non, à des règles de partage de la richesse collective.

C’est pour cette raison que les citoyens les plus riches doivent nécessairement payer plus cher que les citoyens les plus pauvres. C’est d’ailleurs un principe de péréquation qui est en vigueur dans l’ensemble du Canada et qui n’a pas encore provoqué de révolution ni de séparation.

Puisque d’une part les principales dépenses de l’Agglomérations sont consacrées à des services essentiels (feux, eau potable, eaux usées, environnement, sécurité policière, etc.) et que d’autre part la ville de Longueuil est relativement plus pauvre par rapport aux quatre autres villes liées.

Il nous semble donc que les présentes récriminations des trois maires dissidents reposent sur une vision purement égoïste du vivre ensemble et quelles sont improductives en cette année 2016.

Il est vrai que 2017 sera une année électorale, et ce particulièrement à Brossard!

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