Faire des miracles jour après jour, c’est ça, être proche aidant

2 novembre 2017 - Diane Francœur, M.D. - L’auteure est présidente de la Fondation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FFMSQ) - (MG)

Il n’y a pas de doute : les proches aidants sont des femmes et des hommes qui, jour après jour, font de véritables miracles en prenant soin d’un parent vieillissant en perte d’autonomie, d’un enfant présentant un handicap physique ou intellectuel, d’une conjointe ou d’un conjoint qui éprouve des problèmes de santé ponctuels ou dont le pronostic vital est sombre.

Diane Francœur, M.D.  -  Crédit photo : © Fondation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec  -  (MG)
Diane Francœur, M.D. - Crédit photo : © Fondation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec - (MG)

Le spectre de leurs interventions est aussi varié que les situations qui nécessitent de l’aide. Quelqu’un qui n’hésite pas à accompagner la personne qui a besoin d’aide pour mener à bien ses activités quotidiennes, à faire le suivi des soins et assurer la prise de médicaments, à prodiguer les soins d’hygiène, à effectuer l’entretien ménager… Tout pour offrir ou pour maintenir une qualité de vie qui ne saurait être possible autrement.

Ces personnes dévouées auprès des membres de leur famille ou de leur entourage font un « travail » empreint d’amour et d’abnégation, en plus de vaquer à leurs occupations professionnelles et personnelles. Il n’est donc pas étonnant de constater que bon nombre d’entre elles souffrent d’épuisement et ont de plus en plus de difficulté à joindre les deux bouts. Elles ont besoin d’être soutenues, elles aussi. Elles ont besoin de souffler et de bénéficier de moments de répit.

L’apport des proches aidants est fondamental. En dépit des programmes sociaux dont notre société s’est dotée, le système public de santé ne saurait répondre aux besoins des personnes vulnérables sans l’aide colossale des proches aidants. En effet, il serait illusoire de croire que notre système de santé serait en mesure d’assumer les tâches qui leur sont dévolues, de fournir ces services ou de prendre leur relève adéquatement. Chaque année, leur apport se traduit en millions d’heures de soins et de services prodigués, et ce, sans aucune rémunération; une valeur estimée par des chercheurs à plus de 5 milliards de dollars par année, au Québec seulement.

Il y a cinq ans, notre Fédération a choisi de créer sa propre Fondation et d’épouser la cause des proches aidants. Nous avons décidé de soutenir financièrement des projets destinés à leur offrir du répit, sans distinction quant à l’âge. Et nous avions vu juste, car les besoins sont immenses et ne tarissent jamais. Au gré des projets, nous avons eu la chance de tisser des liens étroits et soutenus avec des organismes qui font, eux aussi, un travail extraordinaire. Nous avons ainsi découvert des femmes et des hommes de cœur, qui se dévouent entièrement à la cause des proches aidants et qui, à l’image de celles et ceux qui bénéficient de leurs services, font également des miracles jour après jour.

En cette Semaine nationale des proches aidants, soyons à l’écoute, offrons notre aide, donnons un coup de pouce à celles et à ceux qui prennent soin d’un proche, sans relâche et sans faillir à la tâche. Surtout, remercions-les en leur offrant le bien le plus précieux qui soit : un peu de notre temps, un moment de répit.

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