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Les opposants au projet de La Futaie se tournent vers la CMM et l’Agglomération

31 janvier 2012 - Maxime Dorais
L’Action pour l’environnement de Saint-Basile et Saint-Bruno (APES) demande à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et à l’Agglomération de Longueuil de reconnaître le boisé des Hirondelles comme bois d’intérêt métropolitain.
Dans une lettre envoyée aux deux institutions, Caroline Rodrigue, présidente de l’APES, estime que le développement de ce boisé irait à l’encontre du Plan d’aménagement et de développement en favorisant l’étalement urbain plutôt que la densification. «Cette mesure viendrait appuyer concrètement le projet de ceinture verte de la CMM», soutient-elle également.

La reconnaissance des bois d’intérêt métropolitain prévue au PMAD est une responsabilité de MRC, ici donc d’agglomération, explique Michel Allaire, coordonnateur Environnement à la Communauté métropolitaine de Montréal. La Ville de Longueuil n’a toutefois pas souhaité se prononcer sur la demande de l’APES.

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville pour sa part n’a pas montré jusqu’à maintenant de signes d’ouverture concernant la protection du boisé des Hirondelles. La Ville a toutefois affirmé lors de la dernière séance du conseil municipal n’avoir encore reçu aucune demande officielle en ce sens.


Même si le bois était reconnu comme étant d’intérêt métropolitain, les villes auront une période de grâce de deux ans après l’adoption du Plan par le ministre des Affaires municipales Laurent Lessard pour harmoniser leurs plans d’urbanisme avant que le PMAD ne devienne contraignant.

Pour Jean Hubert, co-responsable de la commission de la protection chez Nature Québec qui appuie la requête de l’APES, la reconnaissance de l’intérêt métropolitain du boisé «donnera du poids à sa valeur politique et écologique».

«On pense que c’est un dossier qui concerne la CMM et le Ministère, poursuit-il. C’est presqu’une enclave dans le Parc national du Mont-Saint-Bruno. Nous allons faire valoir que cette forêt est d’intérêt local, régional et national.»

Le MDDEP rejette la mise en réserve

La mise en réserve «permettrait non seulement d'évaluer complètement les conséquences sur l'environnement du projet proposé, mais également la mise en place d’un montage financier visant le rachat de cette forêt et sa préservation à long terme par la collectivité et les représentants de tous les milieux, écrivait Mme Rodrigue dans une lettre au ministre Pierre Arcand demandant la mise en réserve du terrain. La Forêt des Hirondelles deviendrait ainsi un magnifique exemple et symbole de collaboration citoyenne et gouvernementale.»

Au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), on rejette l’idée: «Il n’est pas de l’intention du Ministère de mettre en réserve ce territoire puisque ce boisé n’a jamais été visé pour faire partie d'une aire protégée d'intérêt national ou d'être intégrée au parc national du Mont-Saint-Bruno», explique la porte-parole Hélène Simard.

«La protection d'une espèce menacée répertoriée peut être faite par des mécanismes autres que celui d'un parc national», ajoute-t-elle, référant à la présence de ginseng cinq folioles dans le boisé des Hirondelles, une espèce floristique menacée reconnue par les lois québécoises et canadiennes.


Manifestation devant les bureaux du ministère

«Arcand re-seize-y-toi» (Arcand ressaisis-toi), scandaient hier matin une cinquantaine d’opposants au projet de La Futaie devant les bureaux du ministère à Longueuil.

Ceux-ci demandaient au ministre Pierre Arcand de faire appliquer l’article 16 de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables afin de protéger le ginseng cinq folioles présent dans le boisé.

MédiaSud y a rencontré la présidente de l’APES, Caroline Rodrigue:

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